Ubuntu Party 2009 – Feedbacks

Linux

6 déc 2009

Demi journée peuplée de Barbus et de puits de connaissances, le tout regroupé dans d’étroits locaux au sein de l’ENSEEIHT, c’est retour sur la Ubuntu Party 2009 !

J’ai choisi d’assister à la première des conférences destinées aux plus avertis, et qui porte le doux nom de « l’utilisation de Linux et des logiciels libres dans le domaine du serveur », et j’aurais aussi d’ailleurs bien aimé assister à celle concernant l’utilisation de Linux et de l’Opensource dans le monde de l’Embarqué.

C’est donc avec beaucoup d’espoir et un peu de retard que je presse le pas vers les bâtiments de l’ENSEEIHT. La délicate attention de la communauté qui a placardé des affiches et des flèches directionnelles rajoute à l’envie de voir ce que tout ça va donner.

La première impression, sur site, rend l’espace contraint et le monde oppressant. Du peuple. Beaucoup de peuple. L’entrée débouche sur un stand d’accueil acculé par la foule jusqu’au mur faisant face à l’entrée. Sur la gauche, un petit bras d’espace où des portables ont été alignés et où des organisateurs palabrent sur l’utilisation de Firefox et autres, l’espace démo donc. Difficile d’accès et de faible capacité de canal. La troisième échappatoire mène sur un amphi destiné aux conférences grand public. Un organisateur remarque ma détresse et me renseigne gentiment. Là-bas, derrière. Derrière ? Je ne vois rien que des têtes et des gobelets de café. Non, plus loin, les escaliers. Second floor.

J’écoute. Je pousse un peu des coudes et je découvre l’existence tangible des escaliers. Ouf !!! Peut-être y aura-t-il moins de monde…

L’étage est différent, mieux organisé, le centre constitue cette fois l’espace démo, articulé clairement, sur des tables, avec assez de place. Le bras, lui, mène aux salles de conférence. Justement, ne gênons pas trop. Direction, la conf.

A 2h moins 10, on était 7-8 d’assis dans la salle. A 2h, c’était plein comme un oeuf. L’intervenant, Nicolas Barcet, commence.

Premier point sur l’historique de l’OS Linux, vu du point de vue de l’utilisateur. La ligne de commande. C’est la naissance de GNU, suivie de celle de Linux, petit projet d’étudiant (1983 et 1991). Et puis, l’entrée de RedHat en bourse fait passer Linux du statut de petit projet intéressant, certes, mais académique, à celui d’alternative très prometteuse aux systèmes de production Unix.

Et puis c’est au tour des Desktop Environnments de pointer leur nez. Gnome et KDE voient le jour en 1996 et 1997 respectivement. Cette arrivée rajoute au potentiel de Linux la corde « poste de travail ». Pour la curiosité, petit détour par les distributions, historique et affiliation (Debian -> Ubuntu, Slackware -> Suse,…). On remarque d’ailleurs que les distributions sont arrivées un peu avant les Desktop Environnment.

Désormais, au sein des entreprises, il convient de s’attacher aux analyses qui diront si oui ou non la production peut s’appuyer sur Linux. Avec une nuance importante : il faut distinguer la part de marché en terme de revenu et la part de marché en terme d’unité de serveur. Malheureusement, si l’on creuse un peu, on s’aperçoit que les statistiques évoquées (environ 37% pour Windows et 19% pour Linux) sont établies grâce aux acteurs principaux de vente de PC, mais celles-ci ne renvoient pas un snapshot correct de la situation. En effet, combien d’administrateurs utilisent effectivement l’OS fourni ? Steeve Ballmer, quant à lui, estime de manière plus réaliste que la part Linux serait de 60% contre 40% de Windows.

Le crédit que l’on peut donc attacher à ce genre de statistiques n’est donc pas énorme. Nous pouvons donc en déduire que Linux peut tout à fait convenir aux besoins utilisateurs qu’aux besoin en terme de service, de qualité de service, de disponibilité et de sécurité au sein d’une infrastructure d’entreprise.

Cette idée précisée, nous nous mettons en quête des usages que (doit) satisfait(re) Linux.

  • Déjà, historiquement, Linux étant le remplaçant de Unix, on s’attend à le trouver en lieu et place de celui-ci, sur des fonctionnalités critiques ou pas, et que l’alternative soit satisfaisante.
  • En serveur d’infrastructure aussi (edge), c’est-à-dire au sein même du réseau d’entreprise : DNS, DHCP, …
  • En serveur de messagerie. Attention, il est à distinguer deux types, la messagerie en elle-même (SMTP, IMAP(S), POP3,…) et le groupware. Par exemple, Exchange est un groupware. Dans le contexte de messagerie, Unix a toujours été dominant. De fait, Linux aussi.
  • En serveur de fichier. Historiquement, Novell a été le premier à se lancer dans l’aventure en proposant une solution uniquement tournée vers cette fonctionnalité (Netware). Puis NT a taquiné un peu les utilisateurs en leur faisant croire qu’ils pouvaient en 2 clicks partager tous leurs fichiers. Enfin, à cause des limitations de NT et de Novell, les utilisateurs se sont lancés dans le FTP puis, à force de demandes, le NFS, le SAMBA, et toutes les fonctionnalités nécessaires ont été intégré à Linux.
  • En serveur Web (LAMP, JAVA,…)
  • En serveur de support pour des applications propriétaires qui, suite à une forte demande de la part des utilisateurs, ont sauté le pas et ont porté leur application sous Linux (Oracle, SAP, Lotus Notes Domino, …). Oracle a même poussé jusqu’à avoir sa propre version de RedHat (Oracle Unbreakable Linux).
  • Cloud computing : Linux, et Ubuntu en particulier, souhaite s’orienter vers ce concept de fourniture d’infrastructure de service. Le cloud computing permet en fait de gérer une infrastructure de serveur sans avoir de notions hardware concernant les membres de l’infrastructure en eux-mêmes. Par exemple, Amazon Simple Storage Service est un service Cloud Computing.

L’auteur a proposé en libre accès, des enquêtes concernant les usages d’Ubuntu et les besoins qui sont prioritaires lors du choix de l’OS. Il en retourne qu’Ubuntu peut couvrir tous les usages et, que parmis les besoins, les plus importants ne sont pas ceux, comme le monde de l’entreprise voudrait le faire croire, qui concernent les aspects commerciaux et financiers -quoique-, mais ceux directement liés à la fiabilité d’un système en général : support, sécurité, mises à jour, cycle de vie.

Pourquoi ? Et bien parce que l’utilisation d’une distribution libre décharge de toute obligation d’échange commercial avec la communauté, ce qui relègue l’attention plus sur les points forts du systèmes qui trancheront en sa faveur que sur le coût qu’il implique. L’Administrateur Systèmes Réseaux gère donc complètement tous les éléments et il juge en fonction de l’efficacité et non émettant un avis et en reléguant la décision au service financier.

La conférence touche à sa fin. Une heure, c’est vraiment trop court. La minute question !

  • Comment savoir quand Linux et les OpenSources ont mis un pied dans les Data Centers ?
    Quand Microsoft aura déposé un brevet sur le sudo… AH ! Mais c’est déjà fait
  • Ubuntu suit-elle une stratégie particulière concernant son implication dans le domaine des serveurs ?
    Concernant la partie serveur, Ubuntu ne souhaite plus s’adresser à l’utilisateur mais se tourne plutôt vers les grandes entreprises et les grandes organisations. En effet, aucun effort n’est fait concernant la partie User-friendly, plus sérieusement, la communauté a la volonté de faire nettement la distinction entre OS pour utilisateurs et OS destiné à supporter l’infrastructure de l’entreprise.
    Cette vision s’explique par la position de la distribution face aux autres : c’est la dernière arrivée sur la distribution tournée vers l’entreprise, car Suse et RedHat ont déjà un pied depuis longtemps. Cependant, contrairement à ses 2 concurrentes, Ubuntu Server n’oblige aucun engagement commercial de la part de l’acteur qui souhaite la déployer.
    Un autre point est qu’Ubuntu ne souhaite pas copier ce qui existe et qui fonctionne (environnement de gestion de machine virtuelle KVM, …) mais souhaite mettre en place un système qui permettrait de prendre en charge la gestion et l’utilisation des futurs serveurs (Cloud Computing).
  • Y a-t-il une synchronisation entre les équipes de Debian et celles d’Ubuntu ?
    Oui, elle existe. Les accords sont tels que nous avons décidé non pas de travailler l’un contre l’autre et de se différencier à tout prix mais plutôt décrits comme une volonté de travailler et de grandir ensemble.
  • Debian est connue et réputée pour tester, contrôler et intégrer les packages suivant un process vraiment très strict. Comment se place Ubuntu par rapport à cette démarche qualité ?
    Il existe très peu de différences techniques entre Debian et Ubuntu, mais elles existent. Un kernel légèrement différent, versions des packages, l’installateur,… Ces différences ne permettent pas de comparer directement Debian et Ubuntu sur ce point. Néanmoins, Ubuntu peut se dissocier de Debian sur le point support. En effet, elle satisfait au besoin d’un interlocuteur défini et référent, ce qui n’est pas possible pour Debian. D’autre part, la communauté effectue une veille poussée concernant les mises à jour des packages pouvant bloquer la production, et ceux liés de près à la sécurité de l’OS.
  • Trouvera-t-on un Ubuntu dans le domaine de l’embarqué ?
    Ce n’est pas prévu pour le moment, puisqu’il existe déjà d’autres distributions qui sont déjà bien lancées et bien éprouvées dans ce domaine.

Remerciements et brouhaha incompréhensible, Nicolas Barcet sort sous les applaudissements.

Je retourne au rez-de-chaussée, et là, je suis dans l’effervescence, le public a fini sa conférence d’introduction aux Logiciels Libres et sort, conquis, enthousiasme, se ruant sur la boutique Ubuntu qui m’était passée inaperçue à l’aller. C’est le moment qu’ont choisi les Firefox Guys pour brandir leur gifts et inonder l’assemblée de badges, de stickers, de shirts à qui veut et de tatoos à l’eau. Je réussis à m’échapper de l’effet syphon avec les bras chargé de gifts, certains consciemment attrapés, d’autres, de provenance inconnue.

J’ai dû rater la partie technique (ooooh)  mais c’était vraiment très sympa comme convention !!! A refaire !!!

Rendez-vous sur Toulibre et l’Agenda Du Libre pour d’autres évènements !!!

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1 réponse à Ubuntu Party 2009 – Feedbacks

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Ubuntu Party / OpenSource : let’s build a new World… | Kxan-Chibis

7 décembre 2009 à 17 h 32

[...] du Net, In Libro Veritas, la communauté Ubuntu et un tas de peuple. Résumé complet sur K-TUX [...]

Commentaires

Bienvenue sur ces pages qui constituent une petite parenthèse de sujets informatiques pour ceux qui n'ont pas la science infuse et qui ont, eux-aussi, besoin parfois de reminders. Avec l'avantage de ne pas être constitué d'un tas de post-it !

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